
Pendant longtemps… elle croyait que toutes ses réactions étaient sa personnalité Elle ne savait pas encore… que beaucoup de ses blessures parlaient à sa place Elle sursautait au moindre bruit comme si son corps attendait encore une tempête Elle dormait peu écoutait les murs les pas dans le couloir les silences lourds avant les disputes Alors son système nerveux apprit très tôt : à surveiller anticiper protéger et ne jamais vraiment se reposer Elle croyait devoir : mériter sa place mériter l’amour mériter la sécurité Alors elle devenait : celle qui comprend celle qui porte celle qui répare celle qui s’oublie Comme si sauver les autres allait enfin calmer le vide à l’intérieur Elle avait honte de son corps Comme si exister pleinement était devenu dangereux depuis longtemps La pudeur était partout : dans sa manière de se cacher de se taire de ne pas déranger de ne pas montrer ses émotions Et certaines blessures du corps avaient laissé des traces invisibles : dans la confiance dans le désir dans l’intimité et dans la difficulté à se sentir en sécurité Alors elle attirait souvent : des hommes absents des hommes blessés des hommes qui mentaient fumaient buvaient ou détruisaient Comme si son système nerveux retournait inconsciemment vers les chaos qu’il connaissait déjà Elle confondait parfois : l’intensité avec l’amour la peur avec l’attachement et la survie avec la passion Certaines nuits son corps était si fatigué qu’il ne savait plus : comment continuer à survivre ainsi Et derrière les sourires vivait parfois : une immense détresse silencieuse Les blessures parlaient à sa place Le rejet la peur de l’abandon la honte la trahison l’hypervigilance la colère silencieuse et les mémoires transgénérationnelles Son corps croyait encore : qu’aimer signifiait souffrir qu’il fallait se méfier et rester en alerte pour survivre Puis un jour elle a commencé à chercher la vérité Pas pour devenir “meilleure” Mais pour comprendre : pourquoi elle souffrait autant intérieurement Alors elle a lu cherché questionné pleuré traversé des thérapies observé ses schémas ses attachements ses réactions automatiques et toutes les histoires invisibles que son système nerveux portait encore Elle a compris alors : que beaucoup de ses réactions n’étaient pas : des faiblesses Mais des adaptations de survie Un corps traumatisé essaie toujours : de protéger ce qu’il croit encore en danger Alors elle a appris : à respirer autrement à poser des limites à écouter ses émotions à respecter son corps et à ne plus offrir son amour pour être choisie en retour Elle a cessé progressivement : de sauver tout le monde de se trahir et de vivre uniquement pour réparer les autres Aujourd’hui elle choisit : la paix la vérité la conscience la douceur et les relations qui n’activent plus la guerre à l’intérieur d’elle Les blessures parlaient à sa place Mais aujourd’hui elle commence enfin : à entendre sa vraie voix derrière elles Et sa fille n’héritera pas : du silence de la peur de la honte des cris ou de l’insécurité émotionnelle Elle lui offre : la conscience la liberté la sécurité intérieure et le droit d’exister sans devoir survivre Peut-être que guérir ne signifie pas effacer toutes les blessures Peut-être que guérir c’est simplement : arrêter de leur laisser diriger toute une vie “Beaucoup de personnes pensent être : trop sensibles trop compliquées trop instables ou trop cassées. Alors qu’elles portent souvent : des systèmes nerveux traumatisés qui ont appris très tôt à vivre dans la survie.” Gabor Maté dirait : “Ce que nous appelons parfois personnalité est souvent un ensemble d’adaptations construites pour survivre.” Bessel van der Kolk rappellerait : “Le corps continue longtemps à réagir au danger même lorsque le danger n’est plus là.” “La conscience ne supprime pas les blessures du passé. Mais elle permet progressivement de ne plus leur abandonner son identité.” Pendant longtemps… les blessures parlaient à sa place Aujourd’hui… elle apprend enfin à parler avec son âme.

