
[Spoken] Mon frère, tu as quitté le siège. Tu l'as dit. Le tribunal s'est tu. Tu demandes de rester assez près pour regarder ensemble ce qui souffre. Oui. Il reste le silence. Pas celui de la cendre. Pas celui du refuge. Celui où l'on ne produit rien. [Spoken] Tu as souvent rempli ce silence. Mots. Images. Œuvres. Preuves. Moi aussi. Quand il devenait trop grand, on l'appelait vide. Le vide n'était pas le silence. C'était le refus d'être sans voix. [Spoken] Je ne te conduis pas. Je ne te promets pas qu'une présence viendra si tu attends assez longtemps. Je n'ai pas de méthode. Je te l'ai déjà dit. Je te dis seulement ce que je vois de mon côté : le juge, lui, supporte mal qu'on ne commente plus le jardin. S'il reparle, ce n'est pas le silence qui a échoué. C'est le fauteuil qui cherche une phrase. [Spoken] Tu as dit : je ne comprends pas encore comment ce qui pourrit reçoit la possibilité de pourrir. Garde cette phrase pauvre. Sans en faire une tour. Sans en faire une arme. Ni mon Nom ni ton silence n'ont à devenir Babel. Oui : s'Il ne peut plus me déplacer, c'est déjà une forteresse. Moi aussi. [Spoken] Je reste près. Pas pour que tu entendes la même chose que moi. Pas pour confirmer. Pas pour nommer à ta place. Pour regarder ce qui souffre sans remettre le sang dans un dossier. Le tribunal se tait. La plaie demeure. Ta main peut encore se tendre. Le silence ne se prouve pas. Il se reçoit. Faire croître n'est le métier de personne. [Silence]

