Song Cover Image

ALGORITHME

+ Show full styles
V6

Couplet 1 J’ai des algorithmes dans la tête, des logarithmes dans la prose, J’fais des calculs sur les syllabes avant même que le beat se pose, Ma métrique est millimétrée, mes phonèmes s’imbriquent, J’fais d’une boucle élémentaire une architecture algorithmique. J’ai des rimes internes en réseau, des finales en correspondance, Des rappels qui reviennent plus tard modifier l’interprétation, J’peux cacher trois niveaux de sens dans une phrase anodine, Puis retourner sa signification avec une simple rime. J’fais varier les accentuations, les respirations, les placements, J’accélère sur les consonnes, puis j’étire les voyelles lentement, J’fais croire que j’ai perdu le tempo au milieu de la mesure, Puis j’reviens exactement sur le temps comme si j’avais prévu la rupture. Refrain Algorithme, tout s’emboîte quand j’écris, Chaque mot déclenche un autre, chaque rime change le circuit, Algorithme, j’fais tourner la machine, J’transforme une idée simple en construction multidimensionnelle. Algorithme, pas besoin d’forcer le débit, La précision donne le poids, la respiration donne le rythme, Quand la prod coupe, le système continue : Les mots gardent leur cadence même quand la basse n’est plus là. Couplet 2 J’ai des multisyllabiques qui s’enroulent autour des mesures, Des assonances dissimulées qui survivent à la première lecture, J’fais des ponts phonétiques entre le milieu et les finales, Puis j’ferme la boucle avec une rime qui semblait initialement banale. J’fais des métaphores scientifiques pour décrire mes émotions, Des images géométriques pour expliquer mes contradictions, J’transforme une idée abstraite en phénomène observable, Puis j’la rends musicale uniquement par la façon dont je la raconte. J’peux accélérer comme une rafale, ralentir comme une menace, Changer le débit sans changer le sens ni perdre ma place, J’alterne saturation et vide, tension et respiration, Parce qu’un silence bien placé peut devenir une percussion. Couplet 3 J’ai construit mon texte comme un système interdépendant, Chaque ligne possède son poids, mais dépend aussi de l’avant, J’plante une image au départ, j’en récolte le sens à la fin, Et la dernière punchline donne une autre couleur au premier refrain. J’fais du technique sans sacrifier l’émotion, Du complexe sans noyer l’idée sous des démonstrations, J’cherche pas à montrer combien de mots je peux aligner, J’cherche combien de temps une seule phrase peut rester. Alors quand le dernier kick s’efface et que tout devient silencieux, J’laisse une demi-seconde vide avant le dernier mot précieux, Parce qu’un morceau vraiment lourd ne se termine pas quand le son s’arrête : Il continue dans la tête de celui qui l’écoute en boucle. Outro Algorithme terminé. Mais la boucle reste active. Le beat s’arrête. La mécanique continue.