Je Reviens à Moi [INTRO — chanté, libre] Je n’ai jamais cherché ma route, Je l’entendais depuis toujours. Elle vibrait comme quelques cordes Qui reconnaissent leur accord. Ni meilleur, ni moins bien, J’étais simplement à ma place, Avec ma drôle de manière De traverser le temps qui passe. [COUPLET 1 — rap rapide] À vingt ans, j’ai pris ce train Sans demander jusqu’où il mène. La musique ouvrait le chemin, Je savais que la voie serait mienne. Dans les cordes d’un petit orchestre, Dans un piano, dans une voix, Je retrouvais partout mes traces, Comme si tout m’attendait déjà. Ma chance fut de reconnaître Mon évidence dans le brouillard. Aucune route raisonnable N’aurait mieux porté mon bonheur. [REFRAIN — mélodique] Je reviens à moi, À mes cordes, à mes rails, À cette musique un peu étrange Qui me poursuit où que j’aille. Je ne vous abandonne pas, Je retrouve seulement ma place. Je reviens là où chaque note Me reconnaît quand je passe. Préparez-vous à réentendre Ma drôle de façon de vibrer. Je reviens à moi maintenant, Et j’ai encore envie de jouer. [COUPLET 2 — rap rapide et swingué] Ma route ne ressemblait pas À celle que suivaient les autres. Les chemins qui semblaient plus simples Ne pouvaient pas devenir les nôtres. Quand on demeure sur ses rails, On ne rejoint pas chaque gare. Certaines vies passent au loin, Certains rendez-vous viennent tard. J’ai dû renoncer à des choses, Sans héroïsme et sans vertu, Parce qu’une seule direction Depuis toujours m’était connue. Je n’ai jamais voulu prétendre Que mon chemin était meilleur. Je voulais simplement laisser Ma lumière en montrer la couleur. On n’aide pas quelqu’un à vivre En lui dessinant son trajet. On peut l’aider en lui montrant Qu’il peut devenir qui il est. [REFRAIN — court] Je reviens à moi, À mes cordes, à mes rails, À cette musique un peu étrange Qui me poursuit où que j’aille. Je ne vous abandonne pas, Je retrouve seulement ma place. Je reviens là où chaque note Me reconnaît quand je passe. [COUPLET 3 — À MA MÈRE] Puis un jour, maman, pour toi, J’ai déplacé toute ma route. J’ai courbé le métal des rails, Sans hésitation, sans doute. Pas par faiblesse ou par défaite, Et je ne m’étais pas perdu. Je savais encore qui j’étais, Je savais pourquoi j’étais venu. Mais à ce moment de nos vies, Ma place était auprès de toi. La compassion change parfois La direction de quelques pas. Je ne regrette pas la route, Ni ces années près de ta vie. Mais j’arrive au bout du voyage, De ce que je peux donner ici. Maman, je ne t’abandonne pas, Je retourne seulement vers moi. Le premier novembre, vers Montréal, Ta place sera auprès de moi. [REFRAIN OUVERT — chanté] Je reviens à moi, À mes cordes, à mes rails. Tu es la bienvenue, maman, Dans le train de mon voyage. Prépare-toi à réentendre Cette musique que tu connais, Celle qui s’était faite lointaine Et qui revient nous retrouver. [COUPLET 4 — À MON FILS, rap rapide] Mon fils, je ne suis pas parti, Même loin du fil de tes jours. Je ne marcherai pas dans tes traces, Tu n’as pas à suivre mon parcours. Je reviens un peu plus près de toi, Mais je ne viens pas te guider. Ce chemin-là t’appartient, Toi seul pourras l’inventer. Je veux seulement que tu me voies, Heureux, debout sur mes rails, Libre d’être celui que je suis, Avec mes détours et mes failles. Peut-être est-ce ainsi qu’un père Peut encore éclairer son fils : Non pas en lui montrant la route, Mais en reprenant enfin la sienne. Je ne reviens pas réparer Tout ce que le temps a déplacé. Je reviens simplement près de toi, Avec encore tant à partager. [PONT — montée progressive] Il n’existe aucun chemin Qui soit le meilleur pour tous. Il existe celui qui résonne Quand notre vérité nous touche. Un violon n’aide pas l’orchestre En voulant devenir tambour. Il l’aide lorsqu’il joue sa ligne Avec sa couleur, son amour. Moi, j’ai longtemps connu la mienne, Puis je l’ai doucement rangée. Aujourd’hui, je l’entends m’appeler : Il est temps de la retrouver. [GRAND REFRAIN] Je reviens à moi, À mes cordes, à mes rails, À l’excentrique sur sa route, À sa musique, à ses trouvailles. Je ne vous abandonne pas, Mon fils, ma mère, mes amours. Je reprends simplement ma place Pour mieux vous aimer à mon tour. Ici, mes notes partaient au loin Comme un écho sans revenir. J’ai encore quelques musiques Qui demandent seulement à sortir. Préparez-vous à réentendre Ma drôle de façon de vibrer. Je reviens à moi maintenant, Et ça me donne envie de danser. [BREAK — rap léger, sourire dans la voix] Pas besoin d’une victoire, Ni de tout reprendre au début. Je veux un dernier tour de manège Avec tout ce que j’ai vécu. Quelques amis, quelques accords, Une scène ou même un salon, Des cordes qui vibrent encore Et des gens qui savent mon nom. Pas pour gagner des médailles, Ni raconter tous mes exploits, Seulement pour sentir encore Que je suis bien là où je dois. [DERNIER REFRAIN — plein et lumineux] Je reviens à moi Et je voulais vous prévenir La musique que vous connaissiez N’a pas encore fini de sourire