
[Intro — souffle court, tic-tac en fond] Tic… tac… Tic… tac… J’entends ses pas Dans le cadran [Couplet 1] Le plafond penche, la nuit résonne, Le cœur s’emballe, l’aiguille tonne. Sous ma poitrine, un marteau cogne, Chaque seconde aiguise ses cornes. Je cours sans route, je cours sans trêve, Je mords le vide, j’étouffe mes rêves. J’ai tant remis, tant différé, Que mes demain sentent le regret. Le verre tremble entre mes phalanges, Le temps me suit, le temps dérange. Il n’a ni yeux, ni chair, ni nom, Mais je le sens dans mes poumons. [Pré-refrain] Plus je fuis, plus il s’approche, Plus je compte, plus je décroche. Je veux la vie, pas son décor, Pas mourir plein de “pas encore”. [Refrain] Tic tac — ça mord mes talons, Ça bat plus fort que ma raison. Je cours, je tombe, je me redresse, Sous le couteau sec des secondes qui blessent. Tic tac — ça serre ma voix, Comme une bête au creux de moi. J’ai peur de vivre à moitié mort, De voir la fin avant l’effort. [Couplet 2] Dans les miroirs, mon front se ride, Je vois la fuite, je vois le vide. Les jours s’empilent comme des murs, Des blocs de cendre et de murmures. J’ai dit “plus tard” comme on s’enterre, Avec politesse et sans colère. J’ai laissé fuir des bras, des feux, Des mots qu’on garde et qu’on perd mieux. Le temps connaît toutes mes failles, Les nuits sans forme, les fronts qui chavirent. Il sait l’angoisse au fond des fêtes, Le faux sourire, la joie incomplète. [Pré-refrain] Plus je calcule, plus je m’effondre, À tout vouloir, je me confonds. Je veux la chair, le risque, l’ivresse, Pas cette survie qui se confesse. [Refrain] Tic tac — ça mord mes talons, Ça bat plus fort que ma raison. Je cours, je tombe, je me redresse, Sous le couteau sec des secondes qui blessent. Tic tac — ça serre ma voix, Comme une bête au creux de moi. J’ai peur de vivre à moitié mort, De voir la fin avant l’effort. [Pont — plus cinématographique, plus intérieur] Et si le monstre avait mon visage ? Et si la chasse était mon mirage ? Si ma prison n’était pas l’heure, Mais cette peur plantée dans le cœur ? Je vois mes mains, je vois mes traces, Je vois l’oubli derrière la glace. On manque moins de temps, parfois, Qu’on manque d’élan, qu’on manque de soi. [Montée finale] Alors je cours, oui, mais vers vivre, Vers ce qui brûle, vers ce qui vibre. Je veux du vrai, du franc, du lourd, Quitte à tomber, quitte au retour. [Refrain final] Tic tac — je l’entends encor, Mais je refuse d’en faire un dieu d’or. Qu’il me poursuive, qu’il montre les crocs, Je veux ma fièvre, je veux ma peau. Tic tac — qu’il frappe au port, Je ne veux plus d’une vie qui dort. Mieux vaut brûler, fendre la nuit, Que vivre en retard sur sa propre vie. [Outro — presque murmuré] Tic… tac… Je l’entends, oui… Mais cette fois, Je cours vers moi.

