
Je connais personne
Ce soir, tu veux qu’on sorte, encore une de tes idées, Un dîner « hyper sympa », chez tes potes que j’connais pas. Tu me parles d’une ambiance, « hyper chill » et détendue, Mais moi j’vois juste des inconnus, qui vont juger ma déconvenue. Je fais semblant d’être malade, mais t’as compris le coup classique, T’as préparé ma chemise propre, celle qui gratte et qu’est pas pratique. Et pendant qu’tu t’pomponnes, moi je rumine dans le salon, Un plan d’évasion impossible, trop tard voilà l’invitation. Mais j’connais personne, personne là-bas, Ils vont m’regarder comme si j’étais pas là. Moi j’veux rester, peinard dans mon coin, Devant ma série, avec mon verre de vin. Mais j’connais personne, tu m’connais bien, J’vais finir tout seul à discuter avec le pain. Pourquoi m’imposer cet enfer mondain, Quand j’suis si bien, devant ma série, peinard, serein. On arrive, j’suis tendu, y a déjà du monde partout, Tu les salues, tu rigoles, moi je souris comme un toutou. Et puis vient le pire moment, la présentation de rigueur : « Lui, c’est Loïc, mon chéri, il est… euh… pré-retraité amateur » Là, je capte aucun prénom, un bruit de fond, c’est l’embuscade, Un mec me parle d’immobilier, j’réponds « ah oui », j’ai l’air malade. Je scrute le buffet du regard, c’est ma bouée de sauvetage, Mais même là-bas, ça papote fort… je reste seul, face au fromage. Parce que j’connais personne, personne là-bas, Ils vont m’regarder comme si j’étais pas là. Moi j’veux rester, peinard dans mon coin, Devant ma série, avec mon pote le chien. Mais j’connais personne, tu m’connais bien, J’vais finir tout seul comme un con, un verre à la main. Pourquoi m’imposer cet enfer mondain, Quand j’suis si bien, dans mon pyjama chagrin. Et toi, tu ris, tu danses, tu brilles, Moi, je compte les minutes qui défilent. À quoi ça sert ces soirées de galère, Quand mon canapé m’appelle en prière ? Mais j’connais personne, personne là-bas, Ils vont m’regarder comme si j’étais pas là. Moi j’veux rester, peinard dans mon coin, Devant ma série, avec mon verre de vin. J’te jure, c’est fini, j’irai plus jamais, À tes soirées où l’bonheur est forcé. Promets-moi au moins, que la prochaine fois, On restera là… juste toi et moi. J’connais personne, tu vois bien pourquoi, J’suis allergique à c’que j’connais pas. Mais bon, j’t’aime alors j’suis venu, Mais j’préfère Netflix et mon survêt’ troué au cul.

