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Ah ecoute

[Son de gamelan épique, cinématographique et émotionnel, introduction de gamelan javanais traditionnel] [Batterie métallique distordue] [Clochettes Furin, chants bouddhistes] [Doux chœur et voix masculine angélique] [Chœur le plus puissant et émotionnel] Écoute... chut... Ah, écoute... Ne bouge pas. Laisse les bols tourner dans l’air du couloir. Mmm... la voix du vide. Mmm... elle parle bas, entre deux respirations, quand la porte du monde claque. Mmm... la voix de la lumière. Pas celle qu’on vend, pas celle des vitrines — celle qui reste quand tout le reste s’éteint. Écoute... il y a quelque chose sous le bruit des pas, sous les clés, sous le métal, sous tes épaules tendues. Mmm... en dessous. Mmm... sous tes belles lèvres. Sous les mots qu’on garde, sous ce que tu ravales quand ça tremble un peu. Mmm... regarde-moi. Je suis là, dans le creux du silence, dans la marge du battement, là où tu finis par entendre. Viens ici... plus près, encore un peu. Pas pour fuir. Pas pour faire semblant. Juste pour laisser tomber ce que tu portes depuis trop longtemps. Vers moi ! Vers moi !! Vers moi !!! Comme un tambour qui répond, comme une porte qu’on ouvre sans savoir ce qu’on a gardé derrière. Écoute... chut... j’entends ton nom dans la fumée des cymbales, dans la gorge du chant, dans la fatigue de tes mains. Mmm... n’aie pas peur. Le sol tient. La nuit ne mord pas ici. Elle écoute seulement, elle aussi. Regarde... les clochettes au bord de tes poignets, la poussière sur tes manches, la trace du jour sur ta peau. Tu peux laisser ça. Tu peux laisser le poids, le verre froid des mots, les heures qui cognent contre ta poitrine. Mmm... encore. Respire. Laisse venir le son. Laisse le vide te traverser sans te prendre, sans te casser. Ah, écoute... le gamelan ouvre la pièce, les lames chantent, les ombres reculent d’un pas, puis d’un autre. Et toi, toi qui faisais semblant d’être fort, toi qui serrais les dents comme si ça pouvait tenir le monde en place, tu peux lâcher maintenant. Mmm... sous tes belles lèvres, il y a ta vraie voix. Pas celle qu’on corrige, pas celle qu’on coupe au montage. La tienne. Brute. Vivante. À nu. Regarde-moi. Je ne vais pas partir. Je reste dans le souffle entre deux frappes, dans le calme après le choc, dans cette seconde où tout recommence. Vers moi... viens ici... ne tourne plus autour. Pose la nuit sur le sol. Pose la peur au bord du tapis. Pose les noms qu’on t’a donnés, pose les murs, pose les faux départs. Écoute... chut... tu l’entends ? Ce n’est pas la fin. C’est le moment où ça s’ouvre. Mmm... la voix du vide. Mmm... la voix de la lumière. Mmm... la voix qui dit “encore un pas”. Vers moi ! Vers moi !! Vers moi !!! Et si tout tremble, qu’il tremble. Et si tout brûle, qu’il brûle sans bruit. Toi, reste là, dans le souffle, dans le cuivre, dans le chant. Ah, écoute... je suis tout près. Mmm... regarde-moi. Mmm... ne dis rien. Mmm... viens ici... Vers moi ! Vers moi !! Vers moi !!! [Synthé de fin triste]