
Au retour de la fontaine La jarre d’argile pleine Une jolie petite femme frêle Une étoile dans le ciel Voit un bel étranger Assis à l’ombre du pommier. Grand gaillard, moustache épaisse Fier éclat de la jeunesse L'oeil rempli de feu et d’éclairs Il revient tout juste de guerre. Regards croisés Temps suspendu. L’homme tient dans la main Une pomme rouge, et soudain D’un geste adroit Avec la force de ses doigts Sépare le fruit en deux. Sourire silencieux Il lui tend la moitié... Sans hésiter Elle accepte l’offrande Et croque dedans… J’ai mordu dans cette pomme Une étincelle a jailli dans mon cœur. Depuis ce jour de l’aube au crépuscule Rongée, dévorée, je brûle. J’ai mordu dans cette pomme Un feu s’est levé dans mon cœur Je péris, j’agonise, je meurs. Ils se marie au printemps. Vivent dans une petite maison Avec un grand pommier devant. Le mari attend, impatient La naissance d’un garçon. Mais c’est une fille : déception. Une deuxième, Trois, quatre, cinq, six… Elle ne lui donne pas de fils Maudite femme, graine de maléfice... J’ai mordu dans cette pomme Une étincelle a jailli dans mon cœur. Depuis ce jour de l’aube au crépuscule Rongée, dévorée, je brûle. J’ai mordu dans cette pomme Un feu s’est levé dans mon cœur Je péris, j’agonise, je meurs. L’homme trouve une rivale La femme, cœur brisé, toute pâle. Tous les soirs, il disparaît Elle grimpe sur le pommier Ses nuits sont blanches. Depuis les hautes branches Elle peut voir l’autre maison. Quand au petit matin Apparait une lanterne au lointain Elle sait qu'il va revenir. Elle retourne à ses draps Grand néant dans ses bras Elle fait semblant de dormir. J’ai mordu dans cette pomme Une étincelle a jailli dans mon cœur. Depuis ce jour de l’aube au crépuscule Rongée, dévorée, je brûle. J’ai mordu dans cette pomme Un feu s’est levé dans mon cœur Je péris, j’agonise, je meurs. Jours de plomb, nuits voraces Des mois, des années passent. Noyée dans un chagrin sans pareil Elle devient une petite vieille, Toute recourbée, sans sommeil. Vue perdue, enfermée dans le silence Consumée d’âpre souffrance. Mamie, comment s’est passée ta vie ? Elle dit : Regarde-moi, Elle ferme les yeux, puis les ouvre : En un clin d’œil... J’ai mordu dans cette pomme Une étincelle a jailli dans mon cœur. Depuis ce jour de l’aube au crépuscule Rongée, dévorée, je brûle. J’ai mordu dans cette pomme Un feu s’est levé dans mon cœur Je péris, j’agonise, je meurs. Lyrics ©Naz Oke Turquant 2026 Paroles originales : Naz Oke – Tous droits réservés 2026. Texte déposé INPI. Toute reproduction, diffusion ou réutilisation interdite sans autorisation. / Original lyrics by Naz Oke – All rights reserved 2026. Dépôt INPI e-Soleau. No reproduction, no AI training, no cover without permission.

