
Langue de Molière
Sous un ciel rouge, la nuit s’installe, Et les néons pleurent sur la dalle. Je repense à ceux qui, à la craie, Traçaient des rêves sur nos regrets. Ronsard, Hugo, leurs mots m’appellent, Des vers gravés sous ma cervelle. C’est d’eux que j’tiens cette façon De dire “je t’aime” en chansons. [Pré-refrain] Et même si tout fout l’camp, Je garde ton accent, Ta force dans le vent, Ton âme au fil du temps. [Refrain] Toi, ma langue maternelle, Si rebelle, si fidèle, Quand le monde se perd, Tu me tiens à la terre. Langue de feu, de Molière, Langue fière, solitaire, Je te crie comme un serment, Tu vis dans mon sang. [Couplet 2] Dans les cafés, dans les silences, Sous les pavés, j’vois ton enfance. Des mots usés, des mots d’amour, Des mots qui saignent au petit jour. T’es ma blessure et ma victoire, Fille du Latium, étoile de notre histoire. Tu seras ma chanson, mon timbre, mon cri, Toi, la flamme qui vit dans mon esprit… [Pré-refrain] Et quand ta voix s’éteint, Je sens battre ton destin, Une rime au creux des mains, Un poème, un refrain. [Refrain] Toi, ma langue maternelle, Si rebelle, si fidèle, Quand le monde se perd, Tu me tiens à la terre. Langue de feu, de Molière, Langue fière, solitaire, Je te crie comme un serment, Tu vis dans mon sang. [Pont – bridge, spoken/chanté – voix plus nue] Dans chaque mot, y’a une trace, Une étincelle, une audace. De Victor à Rimbaud, C’est toi qui tiens le flambeau. [Dernier refrain – explosif, guitare en montée] Toi, ma langue maternelle, Si rebelle, si fidèle, Quand tout s’effondre ailleurs, Tu rallumes mes couleurs. Langue de feu, de Molière, Langue fière, solitaire, Je t’écris comme on saigne, Je t’aime à perdre haleine. [Outro – guitare delay, voix qui s’éloigne] Tu vis dans mon sang. Langue rebelle… Langue de Molière…

