[Intro] Pour un réveil, ce fut un réveil. Quelque chose dans ce noir complet avait sonné. Une montre, un téléphone, une horloge, un réveil, impossible de le savoir. La sonnerie ne s’était pas répétée. ⸻ [Couplet 1] D’où était-elle venue ? Du plafond, de dessous ce lit, d’un coin quelconque ? Rien ne brillait, ni ne s’allumait. Le noir partout. Le noir qu’on trouve dans les vieilles caves sans soupirail, celui que perçoit le spéléologue égaré dans une grotte inconnue quand sa lampe frontale refuse de s’éclairer. Le noir de la salle de cinéma avant que ne rentre le dernier spectateur en retard. Du noir partout, épais, gluant. ⸻ [Couplet 2] Se réveiller le plus doucement possible. Retrouver ses esprits, reprendre le contrôle du corps toujours engourdi, assembler tout cela tranquillement, sans hâte, ni précipitation. ⸻ [Couplet 3] Mais où était-on ? Mériadec ne le savait pas. De là où il se trouvait, allongé sur le dos, il ne percevait aucun indice. Pour l’instant. Régnait un silence un peu pesant que ne troublait aucun chant d’oiseau, aucun bruit familier, aucune parole. ⸻ [Couplet 4] Une chambre forcément. Chez lui ? Ailleurs ? Il faisait appel à sa mémoire. Elle restait encore paresseuse, voulait poursuivre le temps béni du repos. Il la solliciterait quand elle le voudrait bien. ⸻ [Couplet 5] L’endroit n’était pas dangereux. Il en avait la quasi-certitude. Qu’aurait-il d’ailleurs fait dans un endroit dangereux ? Il était préférable de ne pas bouger. Car Mériadec n’était pas homme à prendre des risques. Il n’en prenait jamais, s’y refusait, s’y était toujours refusé.