
Nulle racine, nulle fin, Le temps s’efface dans le matin. Un souffle danse entre deux feuilles, Et tout s’unit — rien ne recueille. Le lys ne pense pas l’éclosion, Il est silence en floraison. Ni blanc, ni forme, ni contour, Juste présence, et non retour. Mai s’éveille en robe claire, Sans direction, sans adversaire. Le chant du merle, l’ombre des blés, Ne sont qu’un seul, indivisé. Là, le moi s’efface en sève, Et l’arbre écoute sans trêve. L’Amour n’a plus d’autre que Soi, Ni toi, ni moi — juste la voie. Tout est lys : le pas, la pierre, La main qui donne, l’eau qui éclaire. Et dans ce rien devenu plein, L’instant, tout doux, devient divin. Et dans ce rien devenu plein, L’instant, tout doux, devient divin.

