[Titre : La Trahison] [Couplet 1] Les écrans encore chauds, le jour n’était pas fini Les tentes alignées comme une armée sous la pluie Le tchat défilait lent, chacun guettait l’heure exacte Ton “à demain” gravé comme une promesse intacte On a gardé les flammes, on a tenu la frontière Des soldats fatigués devant une porte fermée derrière Le silence a mordu plus fort que mille insultes Et l’aube s’est levée sur une absence adulte [Refrain] T’avais dit à demain, on a cru à ta parole On a attendu debout pendant que le monde s’écroule C’est pas l’absence qui fait mal, c’est la confiance qu’on enterre Un “à demain” qui tue plus froidement qu’une guerre [Couplet 2] Les memes déjà prêts, les rires dans les poches Les campeurs alignés comme des ombres trop proches Le compteur figé, les secondes devenaient lourdes Chaque minute plantait une lame sourde On rafraîchissait l’écran comme on appelle un disparu Mais la lumière ne s’allume pas quand quelqu’un ne revient plus Les notifications mortes, le tchat devenu cimetière Et nos espoirs figés dans ce silence de pierre [Refrain] T’avais dit à demain, on a cru à ta parole On a attendu debout pendant que le monde s’écroule C’est pas l’absence qui fait mal, c’est la confiance qu’on enterre Un “à demain” qui tue plus froidement qu’une guerre [Couplet 3] On a compté les heures comme des battements condamnés Certains murmuraient encore : “il va sûrement arriver” Mais l’air sentait déjà la trahison métallique Comme un signal brisé dans le noir statique Le camp s’est refroidi, les blagues sont devenues cendres Les voix se sont cassées à force de te défendre Et quand le jour s'est levé sans que tu franchisses la porte On a compris que ta promesse était une balle déjà morte [Refrain] T’avais dit à demain, on a cru à ta parole On a attendu debout pendant que le monde s’écroule C’est pas l’absence qui fait mal, c’est la confiance qu’on enterre Un “à demain” qui tue plus froidement qu’une guerre [Couplet 4] On n’attend plus le stream, on garde la cicatrice Un “à demain” transformé en fracture et supplice Les campeurs dispersés, mais la mémoire persiste Comme un feu abandonné dans un désert trop triste On aurait accepté le chaos, la panne, la tempête Mais pas cette chaise vide qui nous arrache la tête T’as laissé derrière toi un silence nucléaire Et depuis ce matin-là, demain n’existe plus sur terre [Outro] On était là. On a attendu. Tu avais promis. Et le lendemain… n’est jamais venu.